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Création de site7 min de lecture

Combien de temps faut-il pour créer un site WordPress sur mesure ?

Par Jean-Christophe Duplan

La réponse courte : trois à cinq semaines pour un site vitrine sur mesure. La réponse utile est ailleurs, dans ce qui occupe ces semaines — parce que sur les projets qui dérapent, le retard ne vient quasiment jamais du développement.

Le déroulé réel, semaine par semaine

Semaine 1 — cadrage et lancement des contenus

Un rendez-vous d’une heure pour comprendre le métier, la clientèle visée, les prestations qui rapportent vraiment et ce que le site doit provoquer : un appel, un devis, une prise de rendez-vous. Cette conversation détermine tout le reste, et elle porte sur le commerce, pas sur la technique.

Vient ensuite l’arborescence — quelles pages, dans quel ordre, avec quel objectif — puis le lancement de la rédaction. C’est la semaine la plus déterminante et la plus systématiquement sous-estimée. Un projet mal cadré ici se paiera en allers-retours en semaine 2.

Semaine 2 — design

Maquette de la page d’accueil et d’une page intérieure représentative. La discussion porte d’abord sur le fond : est-ce que le bon message arrive en premier, est-ce que l’action attendue est évidente, est-ce que les objections sont traitées. La couleur et la typographie viennent après.

Un aller-retour de corrections est prévu. Au-delà de deux, c’est presque toujours le signe que le cadrage de la semaine 1 a été expédié : on discute alors du design pour éviter de trancher une question qui n’a pas été tranchée.

Semaines 3 et 4 — intégration

Développement, intégration des contenus, réglages de performance et d’accessibilité, données structurées, formulaires, pages légales. C’est la partie la plus prévisible du projet, parce qu’elle ne dépend que de compétences maîtrisées et d’aucune validation extérieure.

C’est aussi pour cette raison qu’annoncer « deux semaines de développement » est honnête, alors qu’annoncer « site livré en deux semaines » ne l’est pas : la seconde promesse inclut des étapes qui ne dépendent pas du prestataire.

Semaine 5 — recette et mise en ligne

Relecture complète, tests sur téléphones réels et pas seulement en simulation, vérification des redirections s’il existe un site antérieur, contrôle des formulaires en conditions réelles, mise en ligne, puis surveillance des premiers jours d’indexation.

Cette semaine paraît superflue jusqu’au jour où elle rattrape un formulaire qui n’envoyait rien — le défaut le plus courant et le plus silencieux d’une mise en ligne précipitée.

Ce qui fait vraiment déraper un calendrier

  • Les textes. Premier facteur, et de loin. Un site attendu depuis trois semaines faute d’une page « À propos » de quinze lignes est une situation banale, pas une exception.
  • Les photos. Sans visuels du métier, le site reste générique et ressemble à celui du concurrent. Une demi-journée de reportage se planifie en semaine 1, jamais la veille de la mise en ligne.
  • Les validations à plusieurs voix. Quand trois personnes valident sans décideur désigné, chaque aller-retour double. Nommer un interlocuteur unique fait gagner une semaine sur un projet de cinq.
  • Les accès. Nom de domaine acheté il y a huit ans chez un prestataire injoignable, hébergement dont personne n’a le mot de passe : retrouver ces accès prend parfois plus de temps que de construire les pages qui en dépendent.
  • Les décisions reportées. « On verra pour les tarifs plus tard » bloque la page tarifs, qui bloque la recette, qui bloque la mise en ligne.

Le rétroplanning à l’envers

Si une date compte — un salon, une saison, une campagne — le bon réflexe est de partir de cette date et de remonter, en réservant les délais qui ne dépendent pas du prestataire.

Pour une mise en ligne fin mai : recette mi-mai, intégration terminée début mai, design validé mi-avril, textes et photos livrés début avril. C’est cette dernière date qui compte, et c’est la seule qui dépend entièrement de vous. Un projet lancé début avril pour une mise en ligne fin mai est confortable. Le même projet lancé début mai est déjà en retard, quel que soit le prestataire.

Peut-on aller plus vite ?

Oui, dans deux cas précis.

Si les contenus sont prêts et validés avant le démarrage, deux semaines suffisent. Cela suppose des textes rédigés, des photos exploitables et une arborescence arrêtée — ce qui est rare, mais arrive sur une refonte où le contenu existant est bon.

Si le besoin est réellement urgent, une page unique bien construite peut être en ligne en une semaine, puis complétée ensuite. C’est souvent une meilleure décision que d’attendre trois mois le site complet : une page qui convertit vaut mieux que douze pages qui n’existent pas encore.

Et après la mise en ligne ?

Le référencement ne suit pas le même rythme, et c’est la source de la plus grande déception après une livraison.

Comptez quelques jours pour l’indexation — le moment où les pages entrent dans l’index de Google — puis trois à six mois pour que les positions se stabilisent sur des requêtes concurrentielles. Sur une requête locale peu disputée, les premiers résultats peuvent arriver en quelques semaines. Sur « création site internet » sans précision géographique, l’horizon est de plusieurs années et l’objectif est mal choisi.

Ce qu’un devis honnête distingue

Trois dates, pas une : la fin du développement, la mise en ligne, et les premiers résultats attendus. Un devis qui n’annonce qu’une seule échéance mélange ce que le prestataire maîtrise et ce qu’il ne maîtrise pas.

Demandez aussi ce qui se passe si vos contenus arrivent en retard. Une réponse précise — le calendrier glisse d’autant, voilà la nouvelle date — vaut mieux qu’un silence poli qui se transformera en tension au troisième rappel.

Ce qui se passe quand on saute une étape

Chaque semaine du calendrier existe pour une raison. Les supprimer est possible, et chacune a son prix.

Sauter le cadrage revient à découvrir en semaine 3 que la page la plus importante n’avait pas été prévue. Le coût se paie en refonte partielle du design et en délai supplémentaire, généralement une semaine.

Sauter la maquette et intégrer directement fait gagner quelques jours apparents. Les corrections arrivent alors sur un site déjà construit, où déplacer un bloc demande de reprendre du code plutôt que de bouger un rectangle. On perd systématiquement plus qu’on n’a gagné.

Sauter la recette est la plus tentante, parce qu’elle donne l’impression de livrer plus tôt. C’est aussi la plus coûteuse : les défauts sont découverts par les visiteurs, dont personne ne signale qu’un formulaire ne fonctionne pas. Ils repartent.

Le cas particulier de la refonte

Une refonte ne suit pas le même calendrier qu’un site neuf, et l’écart tient à deux étapes supplémentaires.

La reprise des contenus existants demande de trier ce qui est encore juste, ce qui doit être réécrit et ce qui peut disparaître. Sur un site de cinquante pages, c’est une semaine à part entière, souvent découverte en cours de route.

Le plan de redirections associe chaque ancienne adresse à sa remplaçante. Comptez une journée pour un site d’une vingtaine de pages, davantage au-delà. C’est cette étape qui décide de la conservation du référencement acquis, et elle se prépare avant la mise en ligne — jamais après.

En pratique, une refonte de site vitrine s’étale sur cinq à sept semaines plutôt que trois à cinq. Un prestataire qui annonce le même délai pour un site neuf et pour une refonte n’a pas prévu ces deux étapes, ou compte les traiter à la va-vite.

Les délais annexes à ne pas oublier

  • Le transfert d’un nom de domaine entre deux bureaux d’enregistrement prend de cinq à sept jours, et ne peut pas être accéléré. À lancer dès la semaine 1 si c’est nécessaire.
  • La propagation d’un changement de serveur demande jusqu’à quarante-huit heures pendant lesquelles une partie des visiteurs voit l’ancien site. On planifie donc la bascule un mardi, jamais un vendredi.
  • La création d’une fiche Google Business Profile passe par une vérification postale qui prend une à deux semaines. Si le référencement local compte, elle se lance au démarrage du projet, pas à la livraison.
  • La production des photos dépend de la météo et de vos chantiers en cours. C’est le seul poste qu’on ne peut pas rattraper en travaillant le week-end.

Ces délais ne s’additionnent pas au calendrier s’ils sont lancés au bon moment. Ils s’y ajoutent intégralement s’ils sont découverts en semaine 4.

Questions fréquentes

Que dois-je préparer avant le démarrage ?

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Trois choses : la liste des prestations à mettre en avant, une dizaine de photos exploitables et les accès au nom de domaine. Avec cela, le projet démarre sans temps mort.

Puis-je fournir les textes moi-même ?

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Oui, et cela réduit le devis. Prévoyez toutefois une passe de réécriture pour le référencement : un texte juste sur le fond n’est pas nécessairement structuré pour être trouvé.

Le site sera-t-il visible sur Google dès la mise en ligne ?

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Il sera indexable immédiatement, mais rarement bien placé. Comptez quelques jours pour l’indexation et plusieurs mois pour les positions sur des requêtes disputées.

Que se passe-t-il si je dois interrompre le projet ?

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Le travail réalisé est livré en l’état et reste votre propriété. Une interruption longue implique en revanche de reprendre le cadrage : au-delà de quelques mois, l’offre et le marché ont bougé.

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